15 mai 2009
Les Budelpack sur la RN 59
Les salariés de la société Budelpack de Lièpvre offrent ce matin des flacons de crème lavante, fruit de leur dernière production, aux automobilistes de la RN59.
06 mai 2009
118 emplois supprimés chez Budelpack
Le fabricant de produits cosmétiques Budelpack basé à Lièpvre , qui emploie 118 salariés, a été placé en liquidation judiciaire, a-t-on appris ce mardi de source syndicale. Lors de son dépôt de bilan en février, l'entreprise avait attribué une partie de ses difficultés au groupe Schwarzkopf-Henkel, son principal donneur d'ordre et son ancien propriétaire, auquel elle reproche un impayé de factures de 2,6 millions d'euros.
Budelpack liquidée dans la résignation
Sans surprise, la chambre commerciale du TGI de Colmar a prononcé hier la liquidation judiciaire de l'entreprise Budelpack de Lièpvre. Une trentaine des 116 salariés de l'usine de produits cosmétiques attendaient la décision devant le tribunal. Sans cris, ni banderoles. Résignés.
« Le dernier flacon de gel douche est sorti des chaînes de Lièpvre jeudi dernier. Depuis, tout le monde est à la maison », soupire Alain Cadet, secrétaire (CFDT) du comité d'entreprise. Le sous-traitant de Lièpvre a été mis en difficultés suite au lâchage de son principal client, Schwarzkopf-Henkel, qui lui a laissé un impayé de 2,6 millions d'euros. L'entreprise Budelpack été placée en redressement judiciaire le 24 février. « Depuis, nos clients, Colgate et Beiersdorf, ont eu la trouille et sont partis. On devait commencer à produire pour le groupe suédois Oriflame début avril, et on avait même adapté nos chaînes pour cela. Mais ils ne sont jamais venus », raconte le syndicaliste.
Les salaires d'avril payés
Aujourd'hui, la colère froide cède le pas au fatalisme. « On fait partie d'un groupe, Budelpack, qui n'existe plus. On n'a plus de patron. On ne peut plus taper sur un cadavre ».
Seul élément positif dans un tableau sombre : les salaires du mois d'avril ont été payés, et la convention collective de la chimie, plus protectrice, garantit de meilleures indemnités légales. Certains salariés ont 30 ans de maison. Mais la moyenne d'âge à l'usine est de 45 ans. Il y a encore un mois, une partie des salariés voulait encore croire au maintien d'une petite unité de production de 20 personnes. « Mais le projet a été rejeté par nos représentants », dit Gilles, très critique sur les positions syndicales prises dans le dossier. Certains de ses collègues, dit-il, ont rendu leur carte d'adhérent.
« Un terrible gâchis »
Dans la salle des pas perdus du tribunal, les salariés attendent la sentence. Et au bout de trois quarts d'heure d'audience, elle tombe sans surprise, avec l'annonce de la liquidation.
Richard Vinardi, le directeur du site qui s'est battu pour sa survie, dénonce un « terrible gâchis ». « La fermeture n'est pas liée au contexte de crise : on avait un marché, les outils, les collaborateurs. Mais, elle est due à un problème de trésorerie. L'usine a été obligée de se déclarer en cessation de paiements à cause de Schwarzkopf. Les clients sont partis, et on n'a pas trouvé de repreneur. »
« Des recours sont envisagés contre les responsables de la situation, Schwarzkopf et les derniers dirigeants de Budelpack International, si on les trouve. Un collectif de salariés pourrait s'associer aux actions judiciaires, si le procureur décide de poursuivre », annonce Alain Cadet. Une nouvelle procédure de licenciements (la précédente a été frappée de nullité) va être entamée sous la houlette du liquidateur nommé par la chambre commerciale, Me David Koch. Les licenciements interviendront fin mai. Le bâtiment de Budelpack, équipé d'une salle blanche, pourrait intéresser sa voisine, la société Hartmann, fabriquant d'articles d'hygiène.« Il s'agirait d'une reprise immobilière, pas des machines. »
Après Alplast (108 emplois) en septembre, Budelpack (ex-Diardermine, créée voilà 30 ans) rend les armes. La désindustrialisation se poursuit dans le Val d'argent.
INFO DNA
05 avril 2009
Budelpack, tout se joue lundi ?
La direction de Budelpack a proposé le licenciement de 95 personnes sur les 116 personnes que compte l’entreprise. La validation ou le rejet de ce plan devrait être examiné lundi. Proposition pour le moins bizarre.
31 mars 2009
Le compte à rebours a commencé
.A l'initiative du député Jean-Louis Christ et du secrétaire général de la préfecture Stéphane Guyon, élus locaux, partenaires sociaux et représentants du personnel et de la direction de Budelpack ont fait le point hier, à Ribeauvillé, sur le devenir de l'entreprise colieuvre et de ses salariés. Sans perdre des yeux l'espoir d'une reprise.
« Il n'y a qu'une possibilité, et c'est de trouver un repreneur qui ait une connaissance du marché des produits cosmétiques liquides et cela, avant le 5 mai, date à laquelle Budelpack sera placée en liquidation judiciaire si on ne trouve personne, plante Richard Vinardi, le directeur du site de Lièpvre. Mais pour qu'un plan de reprise soit envisageable, il faut une situation stable que nous n'avons pas actuellement. Du coup, nous n'avons aucune proposition de reprise pour l'instant. Rien. »
Même si les carnets de commande sont quasi-vides à l'heure actuelle, la direction estime que les possibilités de reprises existent pour un marché qui, contrairement à Alplast, n'est pas moribond. L'outil est bien là, et quel outil ! « Comme une Rolls qui n'aurait plus d'essence », ose le député Jean-Louis Christ.
Pour l'administrateur judiciaire, Me Weil, l'entreprise est reprenable. « A condition de licencier 95 salariés [ce qui devrait intervenir autour de la mi-avril, ndlr], pour rester en sommeil le temps de trouver une solution. On doit gagner du temps pour trouver des repreneurs, c'est la seule tentative viable pour faire perdurer Budelpack. » Sachant que, selon Richard Vinardi, trois à six mois seraient nécessaires pour prospecter d'autres acteurs économiques. C'est donc une véritable course contre la montre qui s'engage pour sauver les meubles à Budelpack.
Réaliser un diagnostic de réemployabilité
Dans tous les cas de figure, se pose la question du devenir des 116 salariés de l'entreprise. « En cas de reprise, nous n'avons aucune garantie que ces salariés puissent retrouver un emploi à Budelpack », s'inquiète Alain Cadet, secrétaire du CE et délégué syndical CFDT. Pour la direction, les 95 salariés sacrifiés devraient être réembauchés dans le délai le plus court. Le cas échéant, ils doivent toutefois pouvoir être réorientés.
Concrètement, les représentants du Pôle Emploi ont proposé de réaliser un diagnostic de réemployabilité pour chaque salarié et de définir globalement le niveau de formation dont il faudra doter chacun pour assurer des réemplois dans le Val d'Argent. La région Alsace pourra mobiliser un fonds d'intervention pour l'emploi d'un montant similaire à celui dégagé pour Alplast (200 000 €). Enfin, Jean-Louis Christ s'est proposé de solliciter le concours du ministère des finances dès ce lundi.
Quant à la proposition du président de la communauté de communes Jean-Luc Fréchard d'accueillir d'autres activités dans une partie des locaux de Budelpack, Richard Vinardi l'a rejetée en arguant ne pas voir l'intérêt de s'attaquer à une partition qui s'avérera très complexe. Même si Hartmann pourrait être intéressé.
INFO DNA
29 mars 2009
Vers 95 licenciements ?
.Placé en redressement judiciaire le 24 février dernier, l'entreprise de produits cosmétiques liquides Budelpack semble au plus mal. A la dernière réunion du comité d'entreprise, le chiffre de 95 licenciements a été annoncé, sur 116 salariés. Il resterait donc 21 salariés pour faire tourner l'usine de Lièpvre.
Rien pour l'instant n'est encore arrêté : la prochaine réunion du comité d'entreprise prévue le lundi 6 avril devrait se prononcer sur un plan de redressement, mais à la dernière consultation, l'administrateur judiciaire a évoqué le chiffre de 95 licenciements sur 116 salariés.
A l'usine colieuvre, on s'attendait effectivement à des coupes drastiques, « mais la très mauvaise surprise, c'est le maintien de la moitié de l'encadrement actuel ! Avec moins de cadres, on pourrait sauver quelques ouvrier en plus » s'exclame Alain Cadet, secrétaire du CE et délégué syndical CFDT. Sur les 21 salariés restant, il ne resterait que 11 ouvriers, « mais tout peut encore changer » espère-t-il.
Néanmoins, « la situation s'est très fortement dégradée ces dernières semaines, les clients ont la trouille ». Ainsi « Beiersdorf se désengage officiellement dès la fin du mois, Oriflame ne donne pas signe de vie. Reste comme client Cusson pour des productions en juin et Colgate qui envisage aussi de jeter l'éponge. Un nouveau client, fabricant de marques distributeurs, envisagerait des volumes en petites quantités, mais rien n'est fait ».
Toujours est-il que les salaires de février ont été touchés tard, à la mi-mars et que ceux de mars devraient être honorés dans les prochains jours grâce à la production de février. Demain lundi, le député Jean-Louis Christ réunira élus locaux, services de l'État, de la Région, du Département, les collectivités locales et chambre consulaire à la sous-préfecture de Ribeauvillé pour faire le point sur la situation.
« On ne va pas sauver l'usine » estime Alain Cadet, « tout ce que j'en attends, ce sont des budgets octroyés pour la formation du personnel, pour qu'il soit réemployable d'ici un an, quand ça redécollera peut être... »
En attendant, les salariés poursuivent leur travail à l'usine, sur (sans doute) l'unique ligne Colgate qui fonctionnera encore en avril. Henkel a été invité à s'expliquer sur ses positions, mais personne ne s'attend à ce que le principal ex-client de Budelpack envoie un représentant jusqu'en Alsace.
INFO DNA






